Une semaine de bouche à oreille

Alors que la France plonge progressivement dans l’habituelle torpeur qui caractérise la période estivale, il semble que tout le monde se soit passé le mot cette semaine pour qu’il se produise des évènements remarquables dans l’actualité du marketing, où pour être plus précis, du marketing viral. J’ai retenu trois évènements de plus ou moins grande envergure qui sont à mon humble avis à classer dans la catégorie des cas d’école du bouche à oreille.

    Sommaire

  1. Old Spice : leçon de marketing viral
  2. 8 Faces : micro-ciblage, gros impact
  3. iPhone 4 : la réponse d’Apple à la crise de l’antennagate
  4. La morale de la semaine

Old Spice : Leçon de marketing viral

Old Spice, une marque américaine de déodorants vient de donner une belle leçon de marketing viral sur les réseaux sociaux. Suite au succès de cette annonce télévisée aux USA, l’agence qui en est à l’origine (Wieden + Kennedy) est allée encore plus loin. Le principe : inviter les gens à envoyer des tweets à @oldspice et leur répondre avec des vidéos personnalisées, écrites, tournées et diffusées en quelques minutes, le tout mettant en scène l’acteur de la publicité originale : le désormais très célèbre “shirtless old spice guy”.

Ci-dessous, un exemple d’une vidéo envoyée en réponse à Guy Kawasaki :

Au total, les quelques 180 vidéos diffusées lors de l’opération ont généré plusieurs millions de vues sur Youtube et une activité incroyable sur twitter, facebook, reddit et les blogs. On en a tant parlé que j’ai presque honte d’évoquer cette campagne ici seulement 2 jours plus tard. Vous ne rêvez pas, tout cela pour…du déodorant.

Pourquoi un tel succès ? Parce que c’était nouveau, drôle et personnalisé. Cela n’aurait pas (aussi bien) fonctionné s’il manquait l’un de ces 3 ingrédients. C’est justement grâce à la réunion de ces trois conditions que l’opération était remarquable (comprendre : digne d’intérêt).

Par ailleurs, la qualité du contenu n’est pas étrangère au succès de la campagne. Je pense en effet que le talent dans l’écriture des textes ainsi que dans le jeu de l’acteur y sont pour beaucoup dans l’engouement du public. L’agence Wieden + Kennedy a réussi l’exploit de produire des textes véritablement drôles, bourrés de références à la “culture internet” et diablement bien réalisés, tout cela quasiment en direct.

Je crois que cet évènement ne peut que mettre tout le monde d’accord sur le potentiel que peuvent réserver les réseaux sociaux à ceux qui savent les manipuler. Il me semble que la campagne du Old Spice Guy sera longtemps considérée comme l’un des meilleurs exemple de marketing viral, mêlant intelligemment réseaux sociaux, vidéo et culture web.

8 Faces : micro-ciblage, gros impact

Logo du magazine 8 FacesDans un tout autre registre, 8 Faces est un magazine spécialisé dans la typographie qui est né avant-hier, le 16 juillet 2010. Son principe est simple : chaque numéro comprend une interview avec 8 designers influents dans le domaine de la typographie (d’où le nom 8 Faces, “faces” signifiant à la fois “visage” et “police de caractères”, CQFD).

8 Faces s’adresse donc aux designers passionnés de typographie. A ce niveau là, c’est une micro-niche, car vous admettrez que ce type de personne ne court pas les rues. Et pourtant, le premier numéro s’est épuisé le jour même de l’annonce (1000 exemplaires papier écoulés en quelques heures seulement, on peut désormais acheter la version PDF pour 3$).

8 Faces est un petit projet réussi comme je les aime. Une fois de plus, cette histoire nous rappelle qu’un ciblage bien précis peut amener à de très jolis résultats. Voici à mon avis les raisons pour lesquelles ce lancement a fonctionné :

  • Le produit est niché et est donc forcément plus pertinent pour son public.
  • Il respecte les codes culturels de son marché, ce qui lui confère une certaine authenticité.
  • Le message a été relayé par les bonnes personnes. En effet, l’idée de faire appel aux bons influenceurs dans le domaine du magazine était le meilleur moyen d’assurer à 8 Faces un bouche à oreille parfaitement ciblé et efficace.

Trop souvent, il me semble que le web nous donne l’illusion que l’on peut toucher tout le monde. Pourtant, plus je passe de temps à observer les succès et les échecs des web-entrepreneurs, plus je me rends compte que les projets destinés au “grand public” qui fonctionnent sont l’exception et non la règle. En tout cas, voilà un bel exemple qui prouve que l’on peut encore réussir à vendre des magazines papier à 10$ pièce en 2010.

iPhone 4 : la réponse d’Apple à la crise de l’antennagate


“Nous ne sommes pas parfaits”. Voilà la première chose que Steve Jobs a déclaré lorsqu’il a démarré la conférence de presse du 16 juillet. Cette présentation n’avait d’autre raison d’être que de répondre au problème de “l’antennagate” de la dernière version de l’iPhone. Pour ceux qui auraient raté un épisode, certains utilisateurs ont découvert qu’en tenant le téléphone de la main gauche, l’iPhone 4 avait tendance à subir d’impressionnantes pertes de réception.

Le problème, bien qu’il ne toucherait qu’une très faible partie des utilisateurs, a été incroyablement amplifié au cours des 3 dernières semaines, au point de devenir l’un des sujets les plus brûlants dans le monde high-tech. Malheureusement pour la firme de Cupertino, sa première réaction (conseiller aux utilisateurs de changer de main…) n’a fait que jeter de l’huile sur le feu. Au bout du compte, Steve Jobs a annoncé qu’un étui en plastique, censé résoudre le problème, serait fourni gratuitement à tous les possesseurs d’iPhone 4.

Cette histoire me donne envie de dire 2 choses :

  • Les gens adorent autant les belles histoires que les scandales. Se trouver en trending topic sur Twitter est à la fois le Saint Graal et le bûcher des marques.
  • Savoir s’excuser et admettre ses fautes est au moins aussi important que de savoir vanter ses qualités.

Alors que la conversation devient mondiale et toujours plus instantanée, elle devient également impitoyable. La moindre erreur dans le comportement d’une marque est donc susceptible de prendre des proportions impensables il y a seulement quelques années. Je prédis d’ailleurs que le métier de consultant en gestion de crise a de l’avenir, mais en attendant les secours, la moindre des choses lorsque l’on se trouve empêtré dans ce genre de situation, c’est de ne pas attendre 3 semaines avant de reconnaître ses torts.

Dans le même registre mais dans de toutes autres proportions, Zendesk (un service web de support client) avait présenté ses excuses à ses clients avec un article intitulé “Désolé, on s’est plantés”. Voici une phrase si naturelle qu’il s’en dégage une sincérité que l’on aimerait retrouver plus souvent dans la bouche des marques.

La morale de la semaine

Oscar Wilde disait qu’il est très dangereux d’écrire des histoires avec des morales, mais tant pis, je prends le risque :

  1. Faites quelque chose d’exceptionnel et le public vous accordera, exceptionnellement, son attention.
  2. Si vous ne pouvez pas faire quelque chose d’exceptionnel, faites quelque chose de pertinent.
  3. Enfin, si vous vous êtes planté, admettez-le.

Pour terminer, cela ne fait jamais de mal de rappeler que quoi que vous fassiez, le pire qui puisse vous arriver est que personne ne parle de vous, en bien comme en mal.

Comment optimiser la compatibilité de votre site web

Quiconque s’est déjà essayé à la création d’un site web s’est forcément heurté à l’épineux problème de la compatibilité entre les navigateurs, en particulier avec les anciennes versions d’Internet Explorer (6 et 7). Malheureusement, ils représenteraient encore à eux deux entre 15 et 20% des visites. En bon webmaster, il est donc impossible de les ignorer.

Fort heureusement, il existe une méthode simple et respectueuse des standards web pour satisfaire leurs petits caprices sans souiller le joli code que l’on a écrit pour des navigateurs plus récents : les CSS conditionnelles.

CSS conditionnelles : la solution élégante pour navigateurs capricieux

Une CSS conditionnelle est une feuille de style appelée au début d’une page HTML qui est uniquement chargée et traitée en fonction du navigateur utilisé par le visiteur. Ce n’est ni un javascript, ni un “hack” CSS. C’est simplement une syntaxe de commentaires un peu particulière mais totalement acceptée comme standard web. Les paramètres contenus dans les CSS conditionnelles viennent écraser ceux de la CSS primaire qui est chargée par défaut.

Voici un exemple ci-dessous :

<html>
<head>
<link rel="stylesheet" type="text/css" href="main.css" />
<!-- On appelle la CSS primaire, commune à tous les navigateurs -->
 
<!--[if IE 7]>
<link rel="stylesheet" type="text/css" href="win-ie7.css" />
<![endif]-->

 
<!--[if IE 6]>
<link rel="stylesheet" type="text/css" href="win-ie6.css" />
<![endif]-->

 
</head>
</html>

Dans cet exemple, la CSS primaire (main.css) est d’abord appelée dans tous les cas.
Puis, la première CSS conditionnelle (win-ie7.css) est appelée si le visiteur utilise Internet Explorer 7. Enfin, si le visiteur est assez fou pour utiliser Internet Explorer 6, c’est la seconde CSS (win-ie6.css) qui sera chargée en plus de la CSS primaire.

Les CSS conditionnelles pour IE 7 et IE 6 permettent d’ajouter quelques touches de finitions et de corriger divers bugs d’affichage sans rendre le code de départ obsolète, puisqu’un navigateur plus récent ignorera tout simplement ces instructions.

Comment contrôler l’affichage dans les vieux navigateurs ?

Maintenant que vous savez comment isoler proprement les paramètres CSS destinés spécifiquement à des navigateurs qui n’en font qu’à leur tête, vous vous trouvez probablement devant un problème majeur : pouvoir vérifier l’affichage de votre site sous différents navigateurs et systèmes d’exploitation.

Il existe différents services dont le principe est de prendre des captures d’écrans de votre site depuis divers navigateurs. Le meilleur à ma connaissance et celui que je recommande vivement est Adobe Browserlab qui est pour le moment gratuit (il suffit de créer un Adobe ID). La vitesse de chargement des screenshots peut varier mais on n’attend généralement pas plus de 2 minutes avant d’avoir une fournée complète de captures prises sous la plupart des navigateurs utilisés à ce jour.

J’utilise également un soft appelé IE Tester qui émule des versions précédentes d’Internet Explorer. Le principal avantage de ce petit logiciel est qu’il permet de tester l’interaction (les liens, les boutons, etc.) avec le site et pas seulement l’affichage comme le fait Browserlab. Cela peut être très important si par exemple vous souhaitez vous assurer qu’un formulaire de commande fonctionne correctement quel que soit la configuration de l’utilisateur.

Pour aller plus loin

Si la compatibilité de votre site web vous importe (et elle devrait), je ne peux que vous recommander d’acheter immédiatement le livre de Jeffrey Zeldman intitulé Designing with web standards (3rd Edition). Sorti en 2010, c’est à ma connaissance la référence parfaite pour quiconque souhaite comprendre les enjeux des standards web et comment résoudre les problèmes de compatibilité entre navigateurs.

PS : Les curieux remarqueront peut-être que la méthode décrite dans cet article n’est pas appliquée à ce blog. Par manque de temps, je n’ai pas encore pu m’occuper à rendre ikôn totalement compatible avec IE 7 (et encore moins avec IE 6). Mea culpa, donc…mais faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Plaidoyers pour le changement

Lorsque les éditions Diateino m’ont proposé d’écrire sur Tribus, j’ignorais encore que nous étions exactement en train d’appliquer le principe de ce livre. Je fais partie d’une tribu, celle des lecteurs de Seth Godin. J’y suis entré presque par accident, ayant découvert cet auteur en regardant la vidéo d’une présentation qu’il avait donnée chez Google en 2007. Comme beaucoup d’autres membres de la tribu, je crois en l’idée que le changement est le fondement du progrès, qu’il n’y a qu’un pas entre conformisme et médiocrité. Seth Godin ne m’a pas demandé de relayer son message, c’est à cela qu’on reconnaît les tribus bien menées : leurs membres véhiculent les idées en lesquelles ils croient.

Nous sommes désormais dans un monde de tribus, une économie de personnes, de croyances et de connexions. Internet est le plus grand outil jamais inventé pour qu’émergent des tribus aux quatre coins du monde, quels que soient leurs objectifs et leur raison d’être. Pourtant, le phénomène des tribus n’est pas nouveau et n’a au fond rien à voir avec l’évolution de la technologie. Si Internet permet bel et bien de rassembler des gens autour d’une idée plus rapidement que jamais, il n’enseigne pas le secret pour les mener. C’est ce que Seth Godin tente de décrypter dans Tribus.

Lire la suite de l’article sur le blog des éditions Diateino →


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