Pour vous faire aimer, faites du karaté

N’avez-vous jamais rencontré quelqu’un qui automatiquement, sans ouvrir la bouche, vous faisait immédiatement rire ? C’est le cas (pour moi en tout cas) du présentateur de la Threadless TV, le canal vidéo de la marque de t-shirts éponyme. Chez Threadless, se faire des amis, on sait se que ça veut dire. Le capital sympathie de cette marque est tellement énorme qu’il lui vaut aujourd’hui 1,5 millions de followers sur Twitter.

Ci-dessous une petite vidéo pour donner un exemple du genre de petits films délirants qu’ils produisent (celui là étant particulièrement débile) :

Mais qu’est ce qu’il raconte ?

Rien de spécial, justement.

Cet homme est un comique, c’est à dire qu’il a le don de transformer le banal en drôle. Grâce à lui, ces vidéos rendent le discours de Threadless digne d’intérêt et mieux encore, digne de partage sur les réseaux sociaux. Pourtant, elles ne représentent qu’un investissement mineur (juste une caméra, une petite équipe et une énorme dose de second degré).

Personne n’a envie de partager un communiqué de presse avec ses amis. Au contraire, les gens adorent les choses qui brillent par leur originalité et leur humour. En d’autres termes, l’une des clés de la visibilité sur les réseaux sociaux réside dans votre capacité à amuser la galerie. C’est à mon avis l’une des raisons pour lesquelles les petites entreprises sont beaucoup mieux placées pour réussir en la matière que les grosses : parce que leur communication externe est moins contrôlée, plus spontanée et plus humaine.

Si une grosse entreprise voulait booster son image en faisant une campagne humoristique, elle ferait comme BNP Paribas : elle embaucherait Eric & Ramzy et espérerait qu’à force, ça change l’image que le public a de la banque. Très peu d’entreprises, en revanche, ont eu le flair de dénicher un pitre comme celui de Threadless, et de le laisser faire une vidéo d’actualité par semaine.

Threadless a fait de la “cool attitude” sa philosophie (= sa stratégie). On dirait que ces gens là ne travaillent pas mais qu’ils s’amusent en permanence. Du coup, on se dit qu’on aimerait bien être pote avec eux. Ça tombe bien : c’est justement le principe des réseaux sociaux, non ?

Pourquoi il faut soigner son message

Lorsque j’essaie de convaincre des gens qui n’utilisent pas encore Twitter de s’y mettre, l’une des objections que j’entends le plus souvent est : “Mais à quoi ça sert de raconter sa vie à la minute près ?”. Effectivement, tout le monde s’en fiche si vous twittez pour raconter que vous venez de manger un Kinder ou que vous allez promener votre chien. Au delà de ça, cette réaction reflète assez bien le fait que l’utilité de Twitter est encore assez mal comprise pour beaucoup de gens. Et pour cause, si vous vous êtes rendu sur le site avant 2009 voici ce que vous avez vu :

Ancienne homepage de Twitter

Ce n’est qu’en Juillet 2009, plusieurs années après sa création donc, que Twitter a changé sa page d’accueil pour adopter son message actuel :

“Share and discover what’s happening anywhere in the world, right now.”

Mais avant cela, les fondateurs de Twitter ne s’étaient pas rendu compte que derrière le concept du micro-blogging se cachait un potentiel incroyable : celui de devenir un site mondial d’information en temps réel, le meilleur moyen de s’informer en direct sur ce qui se passe n’importe où, n’importe quand. D’ailleurs, la barre de recherche en page d’accueil libellée “Voir ce qui se raconte sur…” n’a fait son apparition que récemment. Avant 2009, pour faire des recherches par mots clés sur Twitter, il fallait connaître cette adresse.

Pourquoi je vous raconte tout cela ? Parce que je pense que Twitter souffre réellement d’un manque à gagner aujourd’hui en raison de la façon dont ils se sont présentés pendant leurs premières années d’activité. Le vrai intérêt de Twitter est de partager de l’info sur le monde, pas sur soi. Je pense que si Twitter avait compris cela dès le départ, aujourd’hui personne ne les confondrait avec un énième réseau social à la mode.

J’en tire l’enseignement qu’il faut faire extrêmement attention aux mots que l’on choisit pour se présenter, car la première impression est parfois coriace.

Si un jour votre but est de faire adopter un concept nouveau au public , vous aurez probablement besoin de rédiger ce genre de petit message, qui se doit d’être court et explicatif et surtout : qui doit permettre au visiteur de comprendre instantanément l’intérêt de votre offre. Il me semble que c’est un exercice qui doit demander toute votre attention, car aucun mot ne doit être laissé au hasard.

Enfin, comme Twitter nous l’a montré, il faut savoir être à l’écoute du comportement des utilisateurs. S’ils s’approprient votre service ou vos produits d’une manière que vous n’auriez pas imaginé au départ, il est probablement temps de changer votre message pour leur donner raison.

Media Temple : l’hébergeur identitaire



Projecteur sur Media Temple : l’hébergeur web le plus sexy du monde. Si vous avez un peu flâné sur des sites de designers, graphistes, illustrateurs, web-designers, typographes, photographes, vous avez probablement entendu parler de Media Temple. Il me paraît intéressant d’en parler ici car c’est, à mon avis, un très bon exemple de marketing identitaire (et au passage de webdesign : allez voir leur site et prenez des notes).

Lorsque vous êtes un hébergeur, vous vendez de l’espace de stockage, de la bande passante, bref, des trucs qui ne font pas rêver grand monde. D’ailleurs, très peu de gens se demandent, en se rendant sur un site, quel hébergeur il utilise. Les hébergeurs font partie de ces sociétés qui occupent les coulisses du net, sur lesquelles on ne s’interroge jamais avant d’avoir besoin d’elles. Pour accroître leurs parts de marché, bon nombre d’hébergeurs adoptent donc ce qui lui paraît être la meilleure des approches : se focaliser sur le rapport qualité/prix et tout faire pour sortir sur la première page des moteurs de recherche pour qu’au moment ou vous les cherchez, vous tombiez sur eux.

Pour faire parler de lui, Media Temple a opté pour une stratégie différente : celle d’un ciblage communautaire. En plus des promesses de disponibilité/rapidité habituelles, ils ont choisi de cibler leur clientèle sur la niche des métiers du design et de la création. Ils n’étaient pas obligés de le faire, ils auraient pu considérer que cela revenait à se fermer des portes. Pourtant, lorsque l’on s’identifie à cette communauté de “creative people”, cela donne une très bonne raison de les choisir et mieux encore : de le revendiquer haut et fort sur son site. Voilà le début d’une campagne de bouche à oreille réussie.

Dès lors que dans la vie vous aspirez à faire partie de la communauté des créatifs, Media Temple vous vend plus que de l’hébergement : ils vous offrent la confirmation de votre appartenance à un groupe de personnes que vous idéalisez. Et oui, si ce n’est pas assez clair, Ikôn est hébergé chez Media Temple. Il y a probablement moins cher ailleurs, peut-être même plus performant, mais devinez quoi ? Cela m’est égal, parce que pour l’instant je m’identifie à cette marque. Elle parle mon langage et c’est tout ce qui m’intéresse.

Morale de l’histoire : essayez de parler à tout le monde et il y a fort à parier que vous direz exactement la même chose que vos concurrents. En revanche, adaptez votre discours (et votre site web) à la communauté de votre choix et elle parlera bien volontiers à votre place.

Le problème des réseaux sociaux

Lorsque l’on ne sait pas faire quelque chose, il y a toujours deux possibilités : apprendre à le faire soi-même, ou payer quelqu’un d’autre pour le faire à sa place. Vous ne savez pas faire votre comptabilité ? Pas de problème, embauchez un expert-comptable. Votre site est web est moche ? Un bon webdesigner fera parfaitement l’affaire. La pub, ce n’est pas votre métier ? Ça tombe bien, des agences sont là pour ça.

L’une des grandes interrogations du moment pour beaucoup d’entreprises actives sur le net est la façon dont elles peuvent profiter des réseaux sociaux. Or, la grande difficulté qu’ils présentent est qu’aucun prestataire ne peut s’en occuper à leur place. C’est un peu comme pour séduire les filles : on peut vous donner autant de conseils que vous voulez, au bout du compte, c’est toujours à vous d’y aller.

3 conseils à mon avis importants si vous aspirez à profiter des réseaux sociaux pour faire parler de vous ou de votre marque :

  • Soyez intéressant et sachez vous renouveler : votre public adore avoir des nouvelles choses à raconter aux autres. Si vous ne pouvez pas lui procurer cela, il n’y a aucune raison qu’il s’intéresse à vous.
  • Séduisez d’abord les amis de votre cible, ils feront le reste du travail.
  • Si vous voulez être crédible : soyez authentique, soyez vous-même, soyez réel.

Accessoirement, ils sont aussi valables pour séduire les filles.

Toute vérité est bonne à dire

La présence du mensonge dans le discours de marque, y compris l’embellissement de la réalité, est une habitude contre laquelle il est très difficile de lutter. Cacher la réalité est un réflexe social devenu tellement naturel que cela fait désormais partie de notre quotidien et cela ne choque presque plus personne. McDonald’s n’a jamais vendu un Big Mac qui ressemble à celui de l’affiche, un shampoing L’Oréal ne vous a jamais donné des cheveux aussi soyeux que ceux du mannequin dans la pub et on n’a encore jamais vu un produit d’entretien aussi miraculeux qu’on voudrait nous le faire croire. Depuis le jour de notre naissance, on nous a habitués à entendre des salades.

Il y a même des entreprises dont les pratiques relèvent presque de l’escroquerie, qui sont passées maîtres dans l’art d’exploiter les failles juridiques pour sauver leur peau sur le plan légal, comme par exemple Orange qui prétend vous vendre un forfait mobile avec “accès Internet illimité” alors qu’en réalité, à partir de 500mo/mois votre débit est presque inexistant. Il fallait oser.

Chaque fois qu’une marque dissimule, embellit ou transforme la vérité pour vendre quelque chose, elle met en péril l’un de ses atouts les plus précieux : la confiance de ses clients. Et s’il y a une chose qu’un client déteste, c’est se rendre compte qu’on s’est moqué de lui. A la première occasion, il laissera tomber cette marque pour un concurrent. Ajoutez à cela les dommages collatéraux du bouche à oreille par Internet et il y a de fortes chances pour qu’un petit mensonge se transforme en une grosse perte.

Laissez le mensonge s’introduire dans votre discours et votre public se chargera d’entacher votre réputation. À l’inverse, ne les trompez pas et vos clients vous aimeront pour votre honnêteté.


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