Soignez votre langage

Connaissez-vous Dribbble ? Il s’agit d’un nouveau réseau social de niche à destination des designers et créatifs en tout genre. Ouvert depuis quelques semaines aux petits veinards qui ont eu une invitation, le concept de Dribbble est de permettre aux créatifs de partager leurs travaux en cours et de se rapprocher ainsi de leurs pairs. Histoire de ne pas changer, je n’ai pas d’invitation, mais cela ne m’empêche pas d’avoir apprécié la stratégie de branding de Dribbble et d’en parler ici.

Vocabulaire de marque

Ce qui est immédiatement frappant avec Dribbble, c’est la cohérence du vocabulaire qui y est utilisé. Le branding de Dribbble s’est en effet construit autour d’une véritable métaphore filée sur le basketball. Petite explication :

Dribbble est un réseau qui se définit comme un playground (terrain de jeu) dans lequel les utilisateurs (appelés players) peuvent effectuer des shots (des “lancés” qui se traduisent par des captures d’écrans de leurs travaux). Une fois qu’un shot est effectué, il peut rebound (en français : rebondir, lorsqu’un autre player décide d’y réagir en proposant une variation).

Cerise sur le gâteau : même la page 404 contient une référence au basketball puisqu’elle affiche le message “Air Ball”, terme employé dans le monde du basketball pour désigner un lancé qui n’a pas touché le panier.

Le langage : premier pas vers la cohésion

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur Dribbble, sa raison d’être et la stratégie qui se cache derrière, mais je ne veux pas sortir du sujet de cet article. Sachez en tout cas que Dribbble est à mon avis un excellent exemple d’un branding très travaillé qui confère au réseau une cohésion importante. Pour un réseau qui se veut “VIP”, la valeur d’appartenance est d’autant plus importante et Simplebits -l’entreprise aux commandes de Dribbble- l’a bien compris.

La principale caractéristique distinctive de toute société ou tout groupe d’individus est sans doute le langage qui s’y parle. La langue est en effet fondamentale, car c’est le premier moyen par lequel on reconnaît l’existence d’un lien social entre les gens qui la pratiquent. C’est précisément pour cette raison que toutes les sous-cultures possèdent leur propre jargon : c’est un moyen de se reconnaître et de poser des barrières d’accès à la communauté.

Quand on essaie de bâtir un site communautaire sur le net, il me paraît donc intéressant de créer un vocabulaire spécifique à sa marque, de manière à donner une image forte à sa communauté et à renforcer la cohésion entre les membres. Cela permet également d’envoyer une sorte de message subliminal à tous les visiteurs : qu’ils devront apprendre le vocabulaire local ou bien passer leur chemin.

Créer un langage de marque est le premier pas vers une marque à forte valeur identitaire. En d’autres termes, c’est un excellent moyen de donner à sa clientèle la sensation d’appartenir à une tribu. Et c’est précisément ce sentiment d’intégration dont les individus sont généralement friands. J’ignore si Dribbble connaîtra le succès, mais pour l’instant, un petit coup d’oeil sur la liste des membres montre que les “stars du design” y ont déjà leur compte…il semblerait donc que le démarrage soit prometteur et que la demande pour des réseaux ciblés et codifiés tels que Dribbble puisse se confirmer.

Pour vous faire aimer, faites du karaté

N’avez-vous jamais rencontré quelqu’un qui automatiquement, sans ouvrir la bouche, vous faisait immédiatement rire ? C’est le cas (pour moi en tout cas) du présentateur de la Threadless TV, le canal vidéo de la marque de t-shirts éponyme. Chez Threadless, se faire des amis, on sait se que ça veut dire. Le capital sympathie de cette marque est tellement énorme qu’il lui vaut aujourd’hui 1,5 millions de followers sur Twitter.

Ci-dessous une petite vidéo pour donner un exemple du genre de petits films délirants qu’ils produisent (celui là étant particulièrement débile) :

Mais qu’est ce qu’il raconte ?

Rien de spécial, justement.

Cet homme est un comique, c’est à dire qu’il a le don de transformer le banal en drôle. Grâce à lui, ces vidéos rendent le discours de Threadless digne d’intérêt et mieux encore, digne de partage sur les réseaux sociaux. Pourtant, elles ne représentent qu’un investissement mineur (juste une caméra, une petite équipe et une énorme dose de second degré).

Personne n’a envie de partager un communiqué de presse avec ses amis. Au contraire, les gens adorent les choses qui brillent par leur originalité et leur humour. En d’autres termes, l’une des clés de la visibilité sur les réseaux sociaux réside dans votre capacité à amuser la galerie. C’est à mon avis l’une des raisons pour lesquelles les petites entreprises sont beaucoup mieux placées pour réussir en la matière que les grosses : parce que leur communication externe est moins contrôlée, plus spontanée et plus humaine.

Si une grosse entreprise voulait booster son image en faisant une campagne humoristique, elle ferait comme BNP Paribas : elle embaucherait Eric & Ramzy et espérerait qu’à force, ça change l’image que le public a de la banque. Très peu d’entreprises, en revanche, ont eu le flair de dénicher un pitre comme celui de Threadless, et de le laisser faire une vidéo d’actualité par semaine.

Threadless a fait de la “cool attitude” sa philosophie (= sa stratégie). On dirait que ces gens là ne travaillent pas mais qu’ils s’amusent en permanence. Du coup, on se dit qu’on aimerait bien être pote avec eux. Ça tombe bien : c’est justement le principe des réseaux sociaux, non ?

Le problème des réseaux sociaux

Lorsque l’on ne sait pas faire quelque chose, il y a toujours deux possibilités : apprendre à le faire soi-même, ou payer quelqu’un d’autre pour le faire à sa place. Vous ne savez pas faire votre comptabilité ? Pas de problème, embauchez un expert-comptable. Votre site est web est moche ? Un bon webdesigner fera parfaitement l’affaire. La pub, ce n’est pas votre métier ? Ça tombe bien, des agences sont là pour ça.

L’une des grandes interrogations du moment pour beaucoup d’entreprises actives sur le net est la façon dont elles peuvent profiter des réseaux sociaux. Or, la grande difficulté qu’ils présentent est qu’aucun prestataire ne peut s’en occuper à leur place. C’est un peu comme pour séduire les filles : on peut vous donner autant de conseils que vous voulez, au bout du compte, c’est toujours à vous d’y aller.

3 conseils à mon avis importants si vous aspirez à profiter des réseaux sociaux pour faire parler de vous ou de votre marque :

  • Soyez intéressant et sachez vous renouveler : votre public adore avoir des nouvelles choses à raconter aux autres. Si vous ne pouvez pas lui procurer cela, il n’y a aucune raison qu’il s’intéresse à vous.
  • Séduisez d’abord les amis de votre cible, ils feront le reste du travail.
  • Si vous voulez être crédible : soyez authentique, soyez vous-même, soyez réel.

Accessoirement, ils sont aussi valables pour séduire les filles.


POPULAIRE  : marketing·réputation·Webdesign·rayonnement·apple·bouche a oreille·réseaux sociaux·expérience utilisateur
Ikôn | Un blog d'inspiration marketing & e-commerce - À propos